En bref
- Douleurs, suites de blessure, reprise : une approche manuelle et externe, aux côtés du kinésithérapeute, du podologue et de l'entraîneur.
- Un regard sur le ventre et le bassin : point de côté, troubles digestifs du coureur, fuites urinaires, reprise après l'accouchement, pubalgie.
- Aucune promesse de performance, de récupération accélérée ou de prévention ; contre les blessures, la base reste le renforcement musculaire.
- Blessure aiguë, choc à la tête, douleur thoracique ou malaise à l'effort : ces signaux d'alerte priment sur toute séance.
Motifs de consultation fréquents
- Mal au bas du dos après la course ou la musculation
- Cheville qui reste fragile après une entorse
- Tendon d'Achille raide et douloureux le matin
- Douleur à l'extérieur du genou, toujours au même kilomètre
- Point de côté qui revient à chaque sortie
- Ventre qui se dérègle pendant les longues sorties
- Petites fuites urinaires en courant ou en sautant
- Reprendre la course après un accouchement
- Douleur à l'aine en frappant ou en accélérant
- Nuque raide après une longue sortie à vélo
Premier trail dans le Var, football repris à quarante ans ou course après une grossesse : la démarche reste la même. Au cabinet de La Garde, aux portes de Toulon, je cherche d’abord d’où vient la douleur et s’il existe un signal d’alerte, puis je travaille avec les mains, par des techniques douces et exclusivement externes, en lien avec votre kinésithérapeute et votre entraîneur.
Douleurs, blessures, reprise : les motifs fréquents
La douleur du sportif vient souvent d’une surcharge : l’entraînement (volume, intensité, dénivelé) a progressé plus vite que tendons, muscles ou os ne pouvaient s’adapter.
- Le dos, après la musculation ou une sortie longue. Chez l’adolescent qui se cambre beaucoup (gymnastique, danse), une douleur lombaire réveillée par ce mouvement est un signal d’alerte : elle peut révéler une fracture de fatigue de l’arrière d’une vertèbre (spondylolyse). Voir le mal de dos du sportif.
- La cheville, quand une entorse laisse une gêne ou une impression d’instabilité : équilibre et renforcement restent la base contre les récidives (voir l’entorse de la cheville).
- Le tendon d’Achille ou le tendon rotulien, sous la rotule : douleur au démarrage, atténuée à l’échauffement, qui revient à froid. Cette tendinopathie, souffrance d’un tendon trop sollicité, se gère d’abord en adaptant la charge avec le kinésithérapeute (voir la tendinopathie d’Achille ou du genou).
- Le genou du coureur : une douleur à l’extérieur du genou, au même moment de chaque sortie et pire en descente, évoque un syndrome de l’essuie-glace, lié à la bandelette ilio-tibiale qui longe l’extérieur de la cuisse.
- La nuque et les épaules du cycliste, du nageur ou du joueur de tennis : la réglementation n’autorise une manipulation de la colonne cervicale qu’après un diagnostic médical attestant l’absence de contre-indication.
Le ventre et le bassin du sportif
Ma formation viscérale et pelvienne me rend attentif à des gênes dont on parle peu au vestiaire :
- Le point de côté, douleur sous les côtes qui force à ralentir, pourrait venir d’une irritation du péritoine pariétal, la membrane qui tapisse la paroi du ventre. J’examine le diaphragme, les côtes basses et la paroi, sans promettre qu’il disparaisse.
- Les troubles digestifs du coureur (nausées, gargouillements, envie pressante) : à l’effort, le sang va aux muscles au détriment de l’intestin, surtout en cas de déshydratation. L’alimentation se travaille avec un diététicien ; je m’intéresse à la paroi du ventre et au diaphragme.
- Les fuites urinaires pendant le sport, fréquentes chez les sportives qui courent ou sautent, même sans avoir accouché. Elles se traitent d’abord par l’entraînement des muscles du plancher pelvien (qui ferment le bas du bassin), au besoin par voie interne : avec un kinésithérapeute, ou avec la sage-femme si elles font suite à un accouchement. J’interviens en complément, par l’extérieur.
- La reprise de la course après l’accouchement se fait progressivement, après l’examen postnatal et, si besoin, un bilan du périnée ; des fuites, une pesanteur dans le bas-ventre ou une douleur du bassin à l’effort invitent à ralentir et à consulter la sage-femme ou le kinésithérapeute.
- La pubalgie, douleur de l’aine en frappant ou en accélérant : adducteurs (intérieur de la cuisse), paroi abdominale, hanche ou pubis peuvent être en cause, de même qu’une hernie ou un organe du bas-ventre (voir douleur à l’aine et pubalgie).
- Le dos qui varie avec le transit, les repas ou les règles : le rein et une partie du côlon reposent sur le psoas et le carré des lombes, muscles profonds de la région lombaire ; j’examine alors dos et ventre (voir douleurs du dos d’origine viscérale).
Comment je travaille avec les sportifs
L’entretien porte sur votre sport, le geste qui déclenche la douleur, ce qui a changé récemment (volume, chaussures, terrain, réglage du vélo), votre sommeil et vos échéances. Si vous en avez, je regarde aussi vos résultats d’imagerie et le bilan de votre kinésithérapeute.
J’examine la zone douloureuse et ses voisines, car une cheville raide peut surcharger le genou, puis j’observe un geste, comme un squat sur une jambe. Si l’histoire y invite, j’examine aussi le ventre, le diaphragme et le bassin. Devant une blessure récente qui présente un signal d’alerte, je ne travaille pas la zone.
Selon l’examen, j’utilise des mobilisations articulaires, des techniques myofasciales (sur les muscles et leurs gaines, les fascias) ou des techniques viscérales douces sur l’abdomen, chacune expliquée avant d’être réalisée.
Mes conseils portent surtout sur la charge : on réduit ce qui réveille la douleur, on garde ce qui est toléré, puis on reprend par paliers. Avec votre accord, j’échange avec le kinésithérapeute, le podologue et l’entraîneur ; après une blessure, la reprise se construit avec le kinésithérapeute qui en conduit la rééducation. Si rien ne bouge d’une séance à l’autre, je vous le dis.
Pour le ventre et le bassin, je m’appuie sur mes formations en ostéopathie viscérale, puis génito-urinaire et pelvienne (BOTO Formation, 2019 et 2025), et sur un diplôme universitaire de Lyon 1 dédié aux douleurs pelvi-périnéales chroniques (voir mon parcours).
Ce que disent les études
Les études sur l’ostéopathie chez le sportif restent rares : je ne peux donc vous promettre ni gain de performance, ni récupération plus rapide, ni moins de blessures.
Les données les plus solides portent sur la lombalgie commune de l’adulte, sportif ou non. Une méta-analyse de 2014 (15 essais où les patients étaient tirés au sort) conclut, avec un niveau de preuve modéré, à une baisse de la douleur cliniquement pertinente et à une amélioration fonctionnelle à trois mois ; ses auteurs réclament des essais plus rigoureux. Pour la Haute Autorité de santé (2019), bouger reste la base face à la lombalgie, et les techniques manuelles peuvent s’envisager en complément d’un programme d’exercices.
La prévention repose d’abord sur l’entraînement : dans une méta-analyse de 25 essais (26 610 participants), le renforcement musculaire ramène les blessures à moins d’un tiers ; la proprioception (perception de la position du corps) aide aussi ; les étirements n’ont pas montré d’effet protecteur. Pour récupérer, une méta-analyse de 2018 place le massage en tête sur les courbatures et la fatigue perçue ; le sommeil et l’alimentation restent la base.
L’ostéopathie s’y ajoute en complément, pour contribuer à soulager une douleur ou une raideur, retrouver de la mobilité, faire le point sur une gêne. Voir ostéopathie et sport : ce que dit la science et prévenir les blessures et bien récupérer.
Signaux d’alerte : blessure, commotion, malaise à l’effort
Une séance peut toujours attendre ; ces situations, elles, demandent un avis médical rapide :
- douleur ou oppression dans la poitrine, malaise ou perte de connaissance pendant l’effort ou juste après, palpitations ou essoufflement anormal qui persistent au repos : appelez le 15 ou le 112 ;
- déformation, articulation « sortie », douleur vive d’un os à la pression, impossibilité de prendre appui, gonflement important ou hématome qui s’étend, genou qui a lâché avec un craquement, coup de fouet derrière la cheville : os cassé, luxation, ligament ou tendon rompu sont possibles ;
- perte de sensibilité du périnée, autour de l’anus ou à l’intérieur des cuisses (la zone d’appui d’une selle de cheval), brusque difficulté à uriner, perte inhabituelle d’urines ou de selles, faiblesse dans les jambes : face à un seul de ces signes, le bon réflexe est d’appeler le 15 ou le 112 ;
- après un choc à la tête, la moindre suspicion de commotion cérébrale impose l’arrêt du jeu, sans reprise le jour même ; convulsions, vomissements, confusion, somnolence, mal de tête qui s’aggrave, douleur du cou, fourmillements ou faiblesse des membres : appelez le 15 ou le 112 ;
- confusion à l’effort par forte chaleur, ou urines couleur cola avec de fortes douleurs musculaires après un effort intense : appelez le 15 ou le 112 ;
- douleur osseuse qui augmente à chaque foulée ou persiste au repos (fracture de fatigue possible : cessez de courir), mal de dos qui vous réveille ou s’accompagne de fièvre, sang dans les selles ou les urines, règles qui disparaissent chez une sportive très entraînée.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un ostéopathe du sport ?
Ce n’est pas un titre officiel, pas plus qu’« ostéopathe sportif » : tout ostéopathe peut recevoir des sportifs. Son champ reste celui des troubles fonctionnels, pour lesquels les médecins orientent les patients vers lui. Comptent surtout la connaissance des signaux d’alerte, le travail avec le kinésithérapeute et l’entraîneur, et l’honnêteté sur les preuves.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Aucun nombre ne peut être fixé à l’avance : il dépend de la douleur, de son ancienneté et de la façon dont vous gérez la charge entre deux séances. Je fais le point à chaque fois, et je ne prolonge pas les séances si la gêne ne bouge pas.
L’ostéopathie améliore-t-elle les performances ou évite-t-elle les blessures ?
Je ne peux pas le promettre. On progresse par un entraînement bien dosé, le sommeil et l’alimentation ; le renforcement musculaire reste la base de la prévention.
Peut-on parler de fuites urinaires ou de troubles digestifs ?
Oui, et ces gênes justifient à elles seules une consultation. Mes techniques restent externes, sans aucun geste vaginal ni rectal, interdits aux ostéopathes ; la rééducation du périnée se fait chez le kinésithérapeute, ou chez la sage-femme quand les troubles suivent un accouchement.
Sources
- Franke H, Franke JD, Fryer G. Osteopathic manipulative treatment for nonspecific low back pain: a systematic review and meta-analysis. BMC Musculoskelet Disord. 2014;15:286. Consulter
- HAS. Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune. Recommandations de bonne pratique, mars 2019. Consulter
- Lauersen JB, Bertelsen DM, Andersen LB. The effectiveness of exercise interventions to prevent sports injuries: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Br J Sports Med. 2014;48(11):871-877. Consulter
- Dupuy O, Douzi W, Theurot D, Bosquet L, Dugué B. An evidence-based approach for choosing post-exercise recovery techniques to reduce markers of muscle damage, soreness, fatigue, and inflammation: a systematic review with meta-analysis. Front Physiol. 2018;9:403. Consulter
