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Karim MechterOstéopathe D.O. à La Garde – Toulon
Ostéopathie et sport

Ostéopathe du sport : ce que l'on sait vraiment, de la prévention à la performance

Par Karim Mechter, ostéopathe D.O.Mis à jour le Lecture : 7 min5,0 sur Google

En bref

  • « Ostéopathe du sport » désigne un praticien qui reçoit des sportifs, pas une qualification officielle : son champ reste celui des troubles fonctionnels.
  • Contre les blessures, le renforcement musculaire est l'intervention la plus protectrice ; les étirements n'ont pas montré d'effet protecteur.
  • Bien dormir et bien manger font l'essentiel de la récupération ; parmi les techniques étudiées, le massage soulage le mieux les courbatures.
  • Faute d'études suffisantes chez le sportif, l'ostéopathie ne promet ni moins de blessures ni plus de performance ; elle peut viser douleur, mobilité et confort.

Un ostéopathe du sport peut contribuer à soulager certaines douleurs du sportif, à relâcher des tensions et à améliorer son confort et sa mobilité. Il ne peut pas promettre davantage : l’ostéopathie a encore été peu étudiée chez le sportif, et les rares travaux ne permettent d’annoncer ni moins de blessures, ni une récupération plus rapide, ni un gain de performance. La prévention repose d’abord sur le renforcement musculaire et une charge d’entraînement bien dosée ; la récupération, sur le sommeil et l’alimentation.

« Ostéopathe du sport » : ce que recouvre l’expression

L’ostéopathie ne comporte en France aucune branche officiellement reconnue. « Ostéopathe du sport » désigne donc un praticien qui reçoit des sportifs, pas une qualification officielle. Son champ reste celui de tout ostéopathe : les troubles fonctionnels, c’est-à-dire des douleurs ou des gênes sans lésion à réparer, abordés par des techniques manuelles.

C’est pour ces troubles fonctionnels que les médecins orientent des sportifs vers l’ostéopathe ; une fracture, une déchirure musculaire ou la rupture d’un ligament ou d’un tendon sont des lésions, qui sortent de ce champ. Autour du sportif, chacun a son rôle : le kinésithérapeute conduit la rééducation par l’exercice, le podologue examine le pied et la chaussure, l’entraîneur ou le préparateur physique dose la charge. L’ostéopathe s’insère dans cette équipe sans remplacer personne.

Prévenir les blessures : ce qui a fait ses preuves

Une méta-analyse publiée en 2014, c’est-à-dire une analyse qui combine les résultats de plusieurs essais, a réuni 25 essais et 26 610 participants. Le renforcement musculaire s’y est révélé l’intervention la plus protectrice : chez les sportifs qui le pratiquaient, les blessures tombaient à moins d’un tiers de leur nombre dans les groupes de comparaison. Le travail de proprioception, qui entraîne l’équilibre et le contrôle des articulations, aidait aussi. Les étirements, eux, n’ont pas montré d’effet protecteur.

La gestion de la charge complète ce tableau. Les blessures dites de surmenage, aux tendons, aux os ou aux articulations, surviennent volontiers quand le volume ou l’intensité de l’entraînement progressent plus vite que le corps ne s’adapte. Progresser par paliers, alterner jours exigeants et jours légers, dormir assez : ces mesures relèvent du sportif et de son entraîneur.

Et l’ostéopathie ? Un suivi régulier sans douleur a été trop peu étudié pour promettre une baisse du risque de blessure : je ne propose donc pas de séances « préventives » à intervalles fixes. Les exercices qui protègent sont présentés dans l’article sur la prévention des blessures et la récupération.

Bien récupérer : le sommeil avant les techniques

Récupérer, c’est retrouver ses capacités entre deux efforts. Les bases ne sont pas des techniques : dormir suffisamment, manger assez et varié, boire. Un sportif qui dort mal ou mange trop peu pour sa charge récupère moins bien ; un diététicien peut l’aider à ajuster ses apports.

En 2018, une autre méta-analyse a mis en balance les moyens de récupérer après l’effort. C’est le massage qui a le plus soulagé les courbatures, ces douleurs musculaires du lendemain ou du surlendemain d’un effort inhabituel, et la fatigue ressentie. Vêtements de compression et immersion dans l’eau apportent eux aussi un bénéfice ; les étirements, en revanche, laissent les courbatures inchangées.

Le massage n’est pas l’ostéopathie : ces résultats ne s’appliquent pas tels quels à une séance d’ostéopathie, encore peu étudiée dans la récupération.

Performance : ce qu’on ne peut pas promettre

Courir plus vite, sauter plus haut, gagner en force grâce à une séance : je ne peux pas vous le promettre. Se sentir « plus léger » ou « débloqué » après une séance est une sensation réelle, mais ce n’est pas une mesure de performance. Je m’interdis aussi les promesses d’« optimisation » ou de « rééquilibrage » du sportif. Enfin, si vous n’êtes pas habitué à l’ostéopathie, ne découvrez pas une séance la veille d’une compétition : une sensibilité passagère est possible.

Signaux d’alerte sur le terrain et à l’entraînement

Avant toute séance, une blessure aiguë ou l’un des signes suivants demande un avis médical rapide :

  • déformation, douleur osseuse vive, articulation déboîtée, craquement suivi d’un gonflement rapide, genou qui lâche, impossibilité de prendre appui, coup de fouet à l’arrière de la jambe : fracture, luxation ou rupture d’un ligament ou d’un tendon possible ;
  • choc à la tête suivi de maux de tête, d’une confusion, de vertiges, d’une vision trouble ou de vomissements : une commotion cérébrale est possible, et l’on quitte le terrain sans y revenir le jour même ; perte de connaissance, convulsions, somnolence, vomissements répétés, mal de tête qui s’aggrave, douleur du cou, faiblesse ou fourmillements des membres : appelez le 15 ou le 112 ;
  • pendant l’effort, douleur ou oppression dans la poitrine, malaise, ou confusion par forte chaleur : arrêtez-vous et appelez le 15 ou le 112 ; des palpitations ou un essoufflement inhabituel imposent aussi l’arrêt, puis le 15 ou le 112 s’ils persistent au repos ;
  • après un effort intense, urines très foncées, couleur cola, avec de fortes douleurs musculaires : appelez le 15 ou le 112 ;
  • point précis de l’os qui fait mal à chaque foulée (cessez de courir : fracture de fatigue possible), ou douleur localisée qui persiste plusieurs jours après l’effort ou vous fait boiter ;
  • douleur qui vous tire du sommeil, s’aggrave malgré un repos relatif, ou s’accompagne de fièvre, d’amaigrissement, d’engourdissement ou de faiblesse.

Ce que l’ostéopathie peut apporter au sportif, et ses limites

Le terrain le mieux étudié est le mal de dos sans cause grave identifiée, ou lombalgie commune. Une autre méta-analyse de 2014, portant sur 15 essais où le traitement était attribué par tirage au sort, a trouvé des preuves de qualité modérée d’un bénéfice : à trois mois, une douleur atténuée et des gestes du quotidien plus faciles, dans une mesure cliniquement pertinente, que la lombalgie soit aiguë ou chronique. « Qualité modérée » signifie que de nouveaux essais pourraient modifier ce constat ; les auteurs en réclamaient de plus larges et de plus rigoureux. Ces patients n’étaient pas spécifiquement des sportifs, et pour le dos, le mouvement reste la base (voir le mal de dos chez le sportif).

Ailleurs, l’ostéopathie peut viser une douleur, une raideur ou un inconfort, en complément de la rééducation : mobilité d’une cheville après une entorse, d’une hanche ou du bassin, tensions du thorax et du diaphragme. Elle ne répare ni un ligament, ni un tendon, ni un muscle, et je ne promets pas de cicatrisation plus rapide. Pour le cou, aucune manipulation cervicale n’est faite sans un diagnostic médical attestant l’absence de contre-indication, comme l’impose la réglementation.

Formé à l’ostéopathie viscérale et pelvienne, je reçois aussi des sportifs pour des gênes souvent passées sous silence : fuites urinaires à l’effort, point de côté, troubles digestifs du coureur, douleur à l’aine, reprise de la course après l’accouchement. La page ostéopathie du sport décrit ce cadre.

Au cabinet, à Toulon – La Garde

Footing du dimanche ou compétition : je reçois des sportifs de tous niveaux. Je commence par votre pratique : le sport, le volume d’entraînement, ce qui a changé récemment (charge, terrain, chaussures, matériel), le sommeil, les blessures passées. Après avoir vérifié les signaux d’alerte, j’examine la zone douloureuse et ce qui travaille avec elle, de la cheville au bassin et du bassin à la colonne, sans oublier le thorax et, si l’histoire y invite, le ventre. Je vous dis ce que je peux faire, et ce que je ne peux pas faire. Si vous venez sans douleur, « pour prévenir », je vous réponds franchement : la base reste le renforcement et une charge bien dosée, et je ne vous promets pas moins de blessures. Je me coordonne avec votre kinésithérapeute, votre podologue ou votre entraîneur.

Questions fréquentes

Faut-il voir un ostéopathe régulièrement quand on fait du sport ?

Pas en l’absence de plainte : les études ne permettent pas de promettre qu’un tel suivi prévienne les blessures. Consultez plutôt pour une douleur, une raideur ou une gêne précise, une fois les signaux d’alerte écartés.

L’ostéopathie aide-t-elle à récupérer après un marathon ou un trail ?

Je ne peux pas vous l’assurer. Après un effort long, le sommeil, l’alimentation et l’hydratation priment ; parmi les techniques étudiées, c’est le massage qui soulage le plus les courbatures. Une douleur localisée qui persiste plusieurs jours, ou qui vous fait boiter, n’est plus une simple courbature : comme des urines couleur cola, elle fait partie des signaux d’alerte décrits plus haut.

Une séance d’ostéopathie améliore-t-elle les performances ?

Je ne vous le promets pas. Une séance peut procurer une sensation de détente ou de légèreté, qui a sa valeur. Les progrès viennent de l’entraînement, du sommeil et de l’alimentation.

L’ostéopathie peut-elle remplacer la rééducation chez le kinésithérapeute ?

Non. Après une blessure, la rééducation par l’exercice, que conduit le kinésithérapeute, reste le socle : c’est elle qui renforce les tissus et prépare le retour au terrain par étapes. L’ostéopathie peut s’y ajouter pour une douleur, une raideur ou un inconfort, une fois la blessure identifiée.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.

Sources

  1. Franke H, Franke JD, Fryer G. Osteopathic manipulative treatment for nonspecific low back pain: a systematic review and meta-analysis. BMC Musculoskelet Disord. 2014;15:286. Consulter
  2. Lauersen JB, Bertelsen DM, Andersen LB. The effectiveness of exercise interventions to prevent sports injuries: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Br J Sports Med. 2014;48(11):871-877. Consulter
  3. Dupuy O, Douzi W, Theurot D, Bosquet L, Dugué B. An evidence-based approach for choosing post-exercise recovery techniques to reduce markers of muscle damage, soreness, fatigue, and inflammation: a systematic review with meta-analysis. Front Physiol. 2018;9:403. Consulter

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